L’ARGILE
SES PROPRIETES :
Pour faire simple, une argile serait constituée par des feuillets
microscopiques de l’ordre du millième de millimètre, séparés par des « lamelles d’eau » et la cohésion de l’ensemble dépend de la tension capillaire des filets liquides… ainsi s’explique la
plasticité.
Mais une fois cuite, l’argile ne peut plus revenir plastique, et la
cuisson, elle est irréversible.
Si on essaye d’aller plus au fond des choses, les argiles sont des
hydrosilicates d’aluminium composés de :
45 à 70 % de silice
40 à 50 % d’alumine
6 à 9 % d’eau
D’origine sédimentaire
(dépôts au fond des mers peu profondes ou des lacs d’eau douce qui renferment fréquemment des fossiles) ou d’origine détritique (désagrégation sur
place de roches granitiques ou calcaires.
L’argile est donc une
roche issue de la décomposition de "feldspaths" (espèces minérales)
:
-
très friable, faite de petits grains visibles au microscope, insoupçonnables
dans l’argile humide,
~ l’eau libre : celle qu’on peut rajouter si l’argile crue
s’est desséchée et qui disparaît au séchage vers 100 ° .
~ l’eau de combinaison : celle qui fait partie intégrante de l’argile à hauteur de 6 à 9 % (voir formule plus
haut). Elle disparaît à partire 600 °
et il est impossible, après cuisson d’en réincorporer.
L’argile très pure est
blanche et existe à l’état naturel.
Les différentes teintes de l'argile sont fonction des nombreux minéraux (notamment silice, aluminium, magnésium,
calcium, fer, phosphore, sodium, potassium, cuivre, zinc, sélénium, cobalt, manganèse...) qu'elle renferme dans des proportions variables.
Ainsi, l'argile peut être de couleur verte, rouge, jaune, rose, bleue...
On trouve aussi des argiles noires le long des côtes du Calvados, des
argiles bleues à Paris, jaunes en Dordogne, selon qu’elles contiennent des végétaux fossilisés (argile noire), de l’oxyde de fer (argile jaune et rougeâtre),
etc…
A la
cuisson,
- les impuretés d’origine organique brûleront : ce qui
modifiera la couleur de la terre (grise) et donnera la teinte définitive (blanche) au biscuit.
- les impuretés d’origine chimique (oxyde de fer) coloreront le
biscuit en rouge brun ou rose selon la dose d’oxyde de fer contenue dans la terre.
L’étude des argiles est complexe et à ce jour inachevée, aussi nous
resterons le plus simple et clair possible :
D’abord si l’on verse de
l’eau sur de l’argile sèche déposée sur fond d’un cristallisoir, il monte des bulles nombreuses mettant en évidence la porosité de la roche.
Si l’on
agite, l’argile se sépare en deux parties :
- l’une qui reste en suspension et qui trouble l’eau.
- une autre (éléments plus lourds = quartz par exemple) qui se dépose au fond.
Cette suspension est d’autant plus parfaite que l’eau est plus
pure.
Les eaux froides favorisent d’autre part la
suspension.
Aussi dans les régions polaires où la salinité de la mer est très
amoindrie par l’abondance de l’eau douce, l’argile reste longtemps en suspension et les organismes siliceux s’en servent pour leur squelette.
Par contre si dans l’eau, il se trouve des sels (calcaires notamment)
l’argile flocule, (des flocons blanchâtres se déposent rapidement au fond du vase après s’être formés…)
Que s’est-il passé
?
L’argile en suspension est formée de molécules agglutinées chargées
d’électricité de même signe. Elles s’agglomèrent lorsqu’elles sont neutralisées par les ions chargés d’électricité de signes contraires des sels dissous dans
l’eau.
C’est de cette façon que l’on peut expliquer la précipitation rapide
très près des côtes et notamment dans les estuaires des fleuves, des vases argileuses transportées par ces derniers.
SES ORIGINES
:
On situe son invention pendant la préhistoire : généralement, au Néolithique, en Asie Mineure, vers le VIIIe millénaire avant J.-C.
Cette hypothèse est toutefois contestée : au Japon, la poterie aurait été inventée vers le XIe millénaire avant J.-C.
Ces propriétés remarquables sont à l’origine de son utilisation très ancienne pour réaliser des objets en céramique, en
porcelaine...
L'argile était utilisé par la civilisation suméro-akadienne (les Summériens de Mésopotamie). De petites boules d'argile
étaient aplaties pour former un rectangle approximatif afin de pouvoir y inscrire de l'écriture cunéiforme. Les Sumériens utilisaient des sortes de sceau-cylindre. Ces cylindres étaient gravés en
bas-relief, et lorsqu'on les faisait rouler en appuyant sur l'argile, ils laissaient une empreinte en haut relief.
SON UTILISATION
:
L'argile est omniprésente dans notre vie quotidienne comme dans la plupart des secteurs d’activités :
Prothèses dentaires, moteurs, outils de coupe, hauts-fourneaux, composants électroniques, filtres, buses d’arrosage,
assiettes ou plats.
Briques et tuiles sont également fabriquées à partir d’un mélange d’argile et d’eau moulé sous pression, et cuit à une
température suffisamment élevée (1200 °C).
Certaines argiles sont utilisées en fonderie, pour réaliser des moules.
Des chercheurs en science des matériaux travaillent sur l'intégration d'argile dans des polymères. Les plaquettes
d'argiles peuvent produire un renforcement (déviation des fissures dans les polymères « choc », c'est-à-dire devant résister aux chocs).
Par ailleurs, elles peuvent gêner la diffusion de gaz, et notamment de gaz combustibles issus de la pyrolise, lors d'un
feu, améliorant ainsi la résistance au feu du polymère.
Dans un autre registre :
Si l’argile est une matière commode, abondante et bon marché, elle n’en est pas moins une matière noble.
Cette "terre magique" est connue et reconnue depuis des millénaires pour ses
vertues thérapeutiques.
Les Egyptiens l'employaient pour la momification en raison de ses principes purificateurs, les Chinois, les Grecs, les
Romains connaissaient aussi ses remarquables vertus, le Grec Dioscoride lui attribuait "une force extraordinaire"...
Dans l'industrie des cosmétiques, l'argile entre dans la préparation de nombreux produits (savons, shampooings,
masques...) quand elle n’est pas utilisée directement en tant que telle (Tfall ou ghassoul).
Dans le domaine agricole, l'argile sert de véritable interface entre les problèmes de pollution industrielle et/ou
agricole et le sous sol (nappe phréatique…).
Elle sert aussi de réservoir d’eau et d’engrais pour les plantes.
Par instinct, les animaux recourent depuis toujours à l'argile lorsqu'ils sont malades ou blessés en se dirigeant vers
les sols argileux dilués par l'eau afin d'apporter le remède à leurs maux...
En résumé
:
L'argile est une roche sédimentaire terreuse composée de silicate d'aluminium hydraté.
C'est un des plus anciens matériaux utilisés par l’homme.
Pour info
:
L’argile abondante à la surface de la terre est aussi présente dans certaines météorites.
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